Après Prey, Dan Trachtenberg revient dans l’univers de Predator avec une proposition pour le moins surprenante : faire du célèbre chasseur extraterrestre le personnage principal de son propre film. Dans Predator: Badlands, on suit Dek, un jeune Yautja rejeté par son clan, qui se retrouve sur la planète Genna à la recherche d’un adversaire capable de lui permettre de retrouver son honneur. Une idée qui aurait pu complètement dénaturer la franchise, mais qui fonctionne étonnamment bien.
La grande nouveauté vient évidemment de la caractérisation de Dek. Alors que le Predator a toujours été présenté comme une créature mystérieuse, terrifiante et quasiment implacable, le film choisit de nous faire découvrir son peuple, ses codes et ses faiblesses. Certains fans pourront regretter cette humanisation qui réduit une partie du mystère entourant les Yautja. Pourtant, cette approche permet aussi d'explorer un aspect inédit de la franchise : que se passe-t-il lorsque le chasseur devient lui-même la proie ? Le résultat donne au film une dimension de récit initiatique qui s'éloigne volontairement du simple survival movie.

L'autre excellente surprise du film vient d'Elle Fanning. L'actrice incarne Thia, une androïde qui devient l'alliée improbable de Dek. Leur duo fonctionne particulièrement bien grâce à un contraste très efficace : d'un côté, un Predator peu bavard, brutal et déterminé ; de l'autre, une androïde beaucoup plus expressive, drôle et bavarde. Fanning apporte une véritable personnalité à son personnage et réussit même à donner une dimension émotionnelle à une histoire qui aurait pu se contenter d'enchaîner les affrontements. Sa performance est d'ailleurs régulièrement citée parmi les grandes qualités du film.
Les effets visuels et les scènes d'action impressionnent et permettent au réalisateur de construire un véritable monde autour des Yautja. Les scènes d'action sont nombreuses et suffisamment variées pour éviter l'impression de répétition. Néanmoins le scènario n'est pas des plus recherchés, on assiste donc à un genre de spin off d'Avatar où les "méchants" humains du futur pillent les ressources d'une planète aussi bien dangereuse que fascinante.
Effectivement certaines incohérences et clichés viennent entacher quelque peu le film. On passe un bon moment devant notre téléviseur mais le film ne prétend pas être un chef d'oeuvre cinématographique mais plus un divertissement de Science fiction/Action dans l'univers des Predators. Nous pouvons rajouter qu' en humanisant autant le Predator et en faisant de lui un héros auquel le spectateur peut s'attacher, le film prend le risque de faire perdre à la créature une partie de son aura terrifiante. Certains critiques ont justement reproché à Badlands de s'éloigner de ce qui faisait la force du concept original. Mais malgré ces petits défauts le film reste assez bon et nous donne l'envie de découvrir la suite si il y en aura.

Finalement, Predator: Badlands est une bonne surprise. Avec son duo improbable, son univers riche, ses nombreuses créatures et sa volonté de montrer les Yautja sous un angle inédit, le film réussit à renouveler intelligemment la franchise. Un choix risqué qui ne plaira probablement pas à tous les fans, mais qui donne surtout envie de voir jusqu'où cette nouvelle direction pourrait emmener la saga.
Notre note 3/5.
Predator: Badlands est disponible dès maintenant sur Disney +.


Elle Fanning
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