Nous avons vu Spider-Man: Brand New Day et voilà ce qui en ressort.
Après No Way Home, la mission de Marvel et Sony était de relancer l’histoire de Peter Parker sans retomber dans les artifices du multivers. Ce défi a été confié au réalisateur Destin Daniel Cretton, connu pour son travail sur Shang-Chi, et disons-le franchement : le pari est largement réussi. Terminées les batailles cosmiques, les costumes nanotechnologiques et les gadgets en tout genre ; on retrouve dans ce film l’essence même de Spider-Man : un héros seul, vulnérable et profondément humain, avec son costume classique en fibre, équipé d’une intelligence artificielle.

L'histoire se déroule quatre ans après les événements de No Way Home, Peter Parker vit dans un New York qui a oublié jusqu’à son existence. Cette solitude devient le véritable moteur du récit. On y retrouve un Peter Parker plus adulte qui tente de reconstruire sa vie après avoir tout sacrifié, il n’est plus l’adolescent maladroit des précédents films, mais un homme marqué par le deuil, la culpabilité et l’isolement.
Cette configuration laisse place à un Tom Holland impressionnant, dans un rôle plus intimiste et tout en retenue. Le reste du casting n’est pas à déplorer non plus : entre une Zendaya qui apporte une émotion sincère à chacune de ses apparitions (bien que moins présente que dans les volets précédents), un Jon Bernthal parfait dans son rôle de Punisher, qui apporte une véritable touche de camaraderie et de comédie dans son duo avec Spidey, ou encore Sadie Sink qui incarne son personnage avec brio et émotion (nous ne pouvons pas en dire plus afin d’éviter tout spoiler).

Le film explore des thèmes rarement traités avec autant de sérieux dans le MCU : l’identité, la mémoire, la solitude et l’acceptation de soi. Cette tonalité plus mature ne fait pas disparaître l’humour caractéristique de Spider-Man, mais elle lui donne une fonction plus émotionnelle. Les plaisanteries servent à masquer la douleur du personnage plutôt qu’à désamorcer systématiquement les enjeux.

La grande réussite de Brand New Day réside dans son équilibre entre introspection et spectacle. Les scènes d’action sont inventives, dynamiques et ancrées dans les rues de New York. Spider-Man retrouve une dimension plus urbaine, qui rappelle les meilleures heures du personnage dans les comics. La mise en scène de Destin Daniel Cretton privilégie la proximité avec Peter plutôt que la surenchère visuelle, ce qui rend les affrontements plus tendus et plus personnels tout en impressionnant par la réalisation des cascades. Nous avons même droit à une expérience immersive lors des déplacements de l’homme-araignée dans la ville, une sorte de POV qui nous place presque dans la peau du personnage, sous son costume rouge et bleu.

Tout n’est cependant pas parfait. Le scénario multiplie parfois les intrigues secondaires, notamment autour des nouveaux personnages et de certaines connexions avec l’univers Marvel. Quelques développements auraient gagné à être davantage épurés pour renforcer la puissance émotionnelle de l’ensemble. Le film aurait pu être plus court si certaines sous-intrigues avaient été mises de côté, au lieu de casser le rythme du long métrage par moments.
Mais malgré cela, le film reste une grande réussite en abandonnant notamment une partie du spectaculaire qui caractérisait les précédents films. Il retrouve la dimension tragique et profondément humaine qui a toujours fait la force de Spider-Man. Personnellement, nous trouvons que ce volet est le meilleur de l'ère Tom Holland.
Nous recommandons vivement le film et lui mettons la note de 4,5/5.


Tom Holland
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