L'incident est survenu le 24 novembre dernier, aucun mort n'est à déplorer mais le respect est toujours dans le coma

House of Gucci : Un accidento a Milano

Cette année est prolifique pour Ridley Scott, qui revient déjà avec un second film. Mais contrairement à The Last Duel (sorti en octobre), le réalisateur n'arrive pas à transcender le scénario.  

Ce dernier suit la famille Gucci et la marque éponyme sur les vingt années menant au 27 mars 1995. Date où survient un drame, secouant l'Italie et le monde de la mode.  

À ma droite, Ridley Scott, réalisateur dont on ne compte plus les succès, qui nous a prouvé en début de mois que son grand âge n'altérait en rien ses qualités de cinéaste.  

À ma gauche, un cheptel de grands acteurs: des royaux Jeremy Irons et Al Pacino, passant le flambeau à une Lady Gaga qui nous a déjà fait ses preuves en tant qu'actrice et un Adam Driver au don d'ubiquité qui ne fait plus doute.  

Ce qui sur le papier ne pouvait mener qu'à une rencontre pour le moins passionnante déçoit. 

D'abord par un scénario lourd, la vingtaine d'année sur laquelle se trame le récit manque de substance, volonté sans doute de raccrocher à une succession faits qui auraient gagné à être magnifiés par la caméra, sans succès.  

La saga familiale aux jeux de pouvoirs et guerres intestines ne parvient pas à inspirer Ridley Scott, au montage frénétique, sans liant et maniant ses transitions de façon toujours hasardeuses.  

La faute peut-être à la pression des studios, tenant à sortir le film l'année du centenaire de la marque Gucci. Une Director's Cut dont le réalisateur assure l'existence devrait par chance corriger ce point.  

La direction d'acteurs n'est pas en reste. Si les doyens arrivent à se dégager une certaine aura, nous venons à nous demander si le film ne cache pas une parodie tant les acteurs et actrices enterrent leur jeu à coup d'italianismes. Qu'il s'agisse de mots en italien semés au gré du vent (on se souvient particulièrement d'une scène de bon goût comparant excréments et "cioccolato") ou d'accents approximativement italiens. En résultent une Lady Gaga qui ne parvient pas toujours à se rendre crédible, Adam Driver en sous-régime qui a dû profiter de ce tournage entre deux autres pour prendre du repos, et puis, Jared Leto. Quelle fascination de voir cet éphèbe se mouvoir dans la carcasse charnue d'un Paolo Gucci tout en prothèses. Contrairement à son cousin Maurizio (Adam Driver), Paolo est un excentrique, et en faisant ressortir cet unique trait à chaque scène, l'acteur en fait trop et joue dans un registre qui semble hors propos, frôlant le nanar. Mention particulière a Salma Hayek dont le jeu est tout aussi lunaire que le personnage qu'elle joue. 

Le film est axé sur la prise de pouvoir de Maurizio Gucci (Adam Driver), amorcée par sa femme, Patrizia Reggiani (Lady Gaga) dans l'entreprise familiale. En tenant un rôle si important, l'actrice fait le nécessaire pour sauver les meubles en ajoutant une sensibilité qui donne du volume à l'ambition de son personnage.

Reste une photographie froide et désaturée, qui habille élégamment le film en mettant en valeur le beau travail effectué sur les costumes. De quoi illustrer décemment le long-métrage, de la rencontre entre les deux protagonistes au drame qui le ponctue.

En définitive, si le film n'est pas dénué de qualités, il souffre de son écriture et de son rythme, mais par-dessus tout de sa direction d'acteurs, complètement en roues libres, que dis-je, en ruota libera. 🤌  

Avis

Note: 3.5/5 (2 votes)

    Soyez le premier à donner votre avis :)

Vous n'êtes pas encore connecté(e)

Si vous aimez, pensez à partager !

Remonter
Notifications
50